Suite évidente des trous de 2019, la série déchets se fait plus positive et colorée.
Fusain et encres
Suite évidente des trous de 2019, la série déchets se fait plus positive et colorée.
Fusain et encres



Le fil conducteur de mon année 2019 a été le trou, vécu comme une obsession entêtante de vouloir dessiner un « objet » résolument trois dimensions en deux dimensions.
L’encre de Chine m’apparaît comme une évidence pour représenter les abysses. D’un trou à un autre, le sujet s’efface pour faire ressurgir des questionnements intérieurs sombres et inquiétants.






Je suis parfois la tendance des urban sketchers qui posent leur carnets aux coins des rues pour prendre le temps d’observer, s’inviter au voyage et s’offrir un moment de détente.












J’ai toujours été attirée par le portait. Fascinée par la complexité des faces du visage qui prennent la lumière, les traits qui donnent l’illusion de la ressemblance ou qui vous font dessiner un personnage plus qu’une personne, je dessine souvent sans réfléchir. Puis, quelques minutes après ou plusieurs jours plus tard, je regarde mon dessin avec surprise me disant que j’ai plus perçu l’humain que je n’ai transcrit son reflet.



Sous l’impulsion de mon amie Maryline Mangione, j’ai commencé à dessiner les endormis dans les wagons de trajets ferroviaires. Le train est pour la plupart d’entre nous, un cadre suffisamment sécuritaire pour se laisser aller à l’endormissement. Croquer des portait dans le train c’est saisir ce moment où la vigilance est relâchée, où on se détend dans le calme d’une voiture propulsée à 200km/h.
Dessiner de manière furtive, essayer de ne pas se faire prendre. Capter au plus vite des bouches qui s’ouvrent, des têtes qui tombent, tels sont les plaisirs de cette pratique. Je ne me suis faite prendre sur le fait qu’une fois.
En 2015, j’ai exposé avec Maryline dans un restaurant grenoblois. Nos carnets pendus aux murs, témoins de tous ces moments croqués à vive allure.

Note d’intention:
Il y a quelques années, bien des années maintenant, je découvrais Yasunari Kawabata. C’était peut-être même le premier auteur japonais que je lisais et j’ai eu un beau choc émotionnel à la lecture de « Les belles endormies ».
C’est l’histoire du vieil Eguchi, soixante-sept ans qui en poussant la porte d’une mystérieuse demeure japonaise, sait juste qu’il va passer la nuit auprès d’une jeune fille endormie, plongée dans un profond sommeil par un puissant narcotique qui garantit son inconscience pour la nuit. L’expérience le trouble certes, tant l’inconscience de l’adolescente le prive d’un quelconque échange, mais rapidement les souvenirs et les sensations affluent à la faveur d’une odeur corporelle, la position d’une main, le galbe d’un sein aperçu sous la couverture…quantité de petits détails qui trouvent un écho dans sa mémoire. Lui qui venait là sur les conseils d’un ami par curiosité, persuadé de ne pas faire encore partie » des clients de tout repos « , de ne pas être » un vieillard qui déjà a cessé d’être un homme « , se retrouve submergé par des souvenirs agréables des femmes qui ont marqué sa vie, il se laisse alors aller à de subtiles réflexions sur l’existence, la mort; comme un voyage au cœur de lui-même, suscité par la présence passive d’une jeune beauté.
Au-delà du style et de la culture japonaise, de la beauté et du dépouillement de la langue qui transparaissent dans ce livre, ce sont les thèmes de l’inconscience, de la mort, qui m’ont marquée. Cet assoupissement qui nous plonge dans l’inconscience et révèle notre fragilité. Ces passages de veille à sommeil, de sommeil à mort. Depuis quand je prends le train, je guette les passagers assoupis pour les croquer.
Maryline Mangione













Dans le cadre d’un projet de recherche sur l’innovation et les dispositifs de création, on m’a proposé le difficile exercice d’être le témoins d’entretiens techniques entre chercheurs et artistes. La transcription du témoignage devait être dessiné.
Le projet était le suivant
Ce projet est le fruit d’entretiens entre des praticiens de l’improvisation et des chercheurs en sciences humaines et sociales. Il porte sur l’improvisation envisagée comme principe d’action et de création au sens large du terme, et est lui-même construit à partir d’une forme d’improvisation : les participants au dialogue sont libres de la forme qu’ils donnent à leur échange.
Thierry M., Philosophe, Prof. Univ. Grenoble Alpes
Des difficiles premiers instants où il faut vaincre sont syndrome d’imposteur face à des chercheurs et artistes dans l’exercice de leur fonction, vient le moment de l’action. Les idées s’effacent et laissent place à la libre divagation de l’œil guidé par la main. Les mot semblent perdre leur sens, ou plutôt ils passent directement de l’oreille à la main. Le temps passe vite dans l’intimité feutrée des entretiens intellectuels.
2017 – 2018














Je ne suis ni danseuse ni plasticienne, mais je fréquente avec assiduité la jam de contact impro de ma ville, Grenoble.
Depuis 2014, je cherche la liberté et le plaisir que je ressens en dansant quand je dessine. Même si il est parfois difficile de passer de l’énergie de la danse à celle du dessin, je sens que les deux se complètent, l’une des deux pratiques se nourrissant de l’autre.

Pour saisir les poses furtives sans sentir d’intenses frustrations de rater la beauté du moment, j’ai développé une technique me permettant de lâcher prise. En dessinant à
deux mains simultanément, je déconnecte mon cerveau et surprenamment je capte mieux le mouvement ; je me sens plus libre.
J’invite quiconque aimerait retrouver son âme d’enfant, à se joindre à moi et à faire l’expérience de partager son espace de jeux entre les joies du mouvement sur la piste de danse et le plaisir de tracer des lignes sur une feuille de papier.






































Témoin en dessins d’entretiens entre artistes et chercheurs sur les thèmes de l’improvisation, la résilience et la créativité.

Exposition collective avec Maryline Mangione de carnets de croquis à partir de la lecture des “belles endormies” de Yasunari Kawabata.

Exposition individuelle dessins et jeux de mots sur l’histoire de l’art.

Portraits effectués dans la rue Saint Laurent à l’occasion de la biennale.

Performance multi disciplinaire. Pièces pour 3 danseurs, 5 musiciens, 3 acteurs.

Réflexion sur le thème du territoire en relation avec Adam et Eve. Performance pour 6 danseurs, un percussionniste et un chanteur.
Solo sur l’enfermement.

Pièce in situ pour les musées en fête, au musée de la noix. Co-écrit avec les danseurs.

Performance pour 4 danseurs. Reflexion sur le couple.
Pièce in situ dans le musée archéologique pour la nuit des musées. Co-écrit avec les danseurs

Pièce écrite par HeeJin Kim pour une compagnie amateur de 12 danseurs.

Pièce in situ dans le musée Dauphinois pour la nuit des musées. Co-écrit avec les danseurs.

Pièce in situ dans la Redoute Sainte Marie pour la nuit des musées. Co-écrit avec les danseurs.

Pièce in situ dans le musée de la résistance. Pièce écrite par des amateurs.

Pièce in situ dans un parc public sur le thème des insectes. Pièce écrite par des amateurs.
Pièce en plein air pour 4 danseuses, une chanteuse lyrique et deux danseurs sur corde. Co-écrit avec les artistes.